Retrogaming : emulation ou original ?

Par krissss | Le Mar 01 Mars 2016

Si vous êtes en train de nous lire, c’est que vous aimez, j’espère, les jeux vidéos. Pour ma part, j’ai une petite préférence pour les jeux rétros. Pourquoi ? Tout simplement parce que j’ai plus de 30 ans (sic) et qu’à mon époque (re-sic), ben les jeux vidéo commençaient à peine à se démocratiser…Petit historique de vulgarisation de l’émulation…

 

Aujourd’hui, le rétrogaming est devenu une mode, un phénomène de société parmi tant d’autres. Les vieux roublards des jeux vidéos cherchent à regoûter aux titres qui ont marqué leur enfance tandis que d’autres, plus jeunes découvrent des jeux issus d’une époque qu’ils n’ont pas connu. Comment alors s’adonner à ces jeux qui ne sont plus commercialisés ? Deux possibilités : l’émulation ou le support original.

L’émulation

C’est quoi l’émulation ? « Emuler » est un synonyme de « simuler ». Dans le domaine de l’informatique et plus précisément celui des jeux vidéos, c’est un moyen logiciel qui permet de « recréer » virtuellement le fonctionnement d’une machine à partir d’une autre. Concrètement, cela permet d’exécuter le code source d’un jeu d’une console, d’un ordinateur complet, sur un PC,Mac, ou encore Android…

Opter pour l’émulation, s’offrir tout un pan de l’histoire du jeu vidéo en quelques clics. En effet, il est possible de retrouver à peu près n’importe quel jeu rétro, qu’il soit sorti en France, Europe,  voire même qu’il n’ait jamais été commercialisé.

(Exemple Starfox 2 sur super nintendo/famicom/nes).

               

C’est bien de pouvoirs jouer à des jeux, mais des RPGs en japonais, quand on ne comprend rien, non merci ! Solution : émulation. En effet, il existe une grosse communauté de « traducto-hackers » de jeux rétros comme la très respectable Team DeJap, ou encore Terminus Traduction (Cocorico) qui sortent des traductions/adaptations de nombre de jeux dans votre langue ! Je ne saurai que trop vous conseiller d’aller jeter un oeil du côté de traf.romhack.org

C’est super l’émulation ! Oui, sauf que, si l’émulateur en lui-même ne pose pas de soucis légaux, il n’en va pas de même pour les roms. Les roms, ce sont les fichiers qui reprennent intégralement le code source du jeu auquel vous voulez jouer sur un émulateur, au même titre que le bios (ce que vous pouvez voir sur votre écran lorsqu’une machine s’allume sans mettre de jeu à l’intérieur) de la machine émulée. Alors, vous vous en doutez, télécharger la rom d’un jeu que vous ne possédez pas est illégal, on parle alors de piratage. Alors oui, c’est vrai qu’il y a peu de chance pour que Nintendo ou Sony tape à votre porte pour vous demander des dommages et intérêts, mais il faut le savoir. « Nul n’est censé ignorer la loi ». Vous pouvez toujours choisir l’option légale avec l’émulation sur console actuelle ou next-gen (Console virtuelle Wii, par exemple). Malheureusement, si les grands noms du secteur tentent de profiter du succès du rétrogaming, ils le font en pratiquant des prix prohibitifs et très exagérés surtout pour du simple portage de jeux.

Le secteur des accessoires rétros connaît également une explosion des ventes. On retrouve, par exemple, de plus en plus de répliques de manettes Nes, SuperNes, Megadrive… au format USB, et même Bluetooth. Le fabricant 8BitDo.com est le plus productif et le plus qualitatif en la matière. Emulation + réplique manette en USB = un retrogamer heureux.

Si la partie légale est un frein à cette liberté « distractionnelle », il faut leur reconnaître encore d’autres avantages. Les émulateurs proposent souvent des modes « action replay », ces cartouches qui se vendaient à l’époque et permettaient de tricher et de débloquer quantité de bonus, des vies infinies… Ces émulateurs proposent aussi un outil pour sauvegarder où bon vous semble (les fameux save state). Quand on sait qu’un certain nombre de jeux de l’époque ne comportait pas de système de sauvegarde, on comprend tout de suite l’intérêt d’une telle fonctionnalité.

Enfin, l’émulation permet également de se passer des supports lents des prémices de l’informatique. Non, pas des cartes micro-perforées, mais par exemple de ces cassettes magnétiques. Vous avez peut-être déjà possédé un Amstrad CPC 464 ou Commodore 64 et attendu 20- 25 min pour lancer un jeu finalement très…modeste. De nos jours, tout est simplifié : un émulateur, un clic ou deux, et le jeu se lance… Il vous plaît pas, pas grave, on en lance un autre….

   

Alors c’est vrai, il faut reconnaître que cette déconcertante facilité d’utilisation casse un peu la nostalgie du support original. Avant il fallait attendre que les parents ne soient plus devant la télé, allumer la console, démêler les câbles des manettes, prendre un jeu, le mettre dans la console, éteindre la console, souffler sur les connecteurs (NE LE FAITES PLUS JAMAIS !!!), rallumer la console….

S’offre alors au rétro-joueur la seconde possibilité, à savoir se procurer les consoles ou ordinateurs d’époques

Les supports d’origine

Force est de reconnaître que ces antiquités sont de petites capsules temporelles pour les joueurs qui les tiennent entre leurs mains. Comment ne pas être pris d’une irrépressible nostalgie lorsque l’on tient un pad NES entre les mains ou encore ce gros joystick d’Atari 2600 ? Et cet Amstrad CPC là-bas...?

Malheureusement, ces appareils ne sont plus produits (sinon des rééditions de consoles compilant nombre de jeux, et plus souvent éloigné du désign d’origine : voir la Megadrive 3), du coup, le joueur devra se tourner vers le marché de l’occasion. Et comme la demande de jeux rétro augmente, l’offre s’adapte et les prix avec eux. Vous voulez vous offrir une Neo-geo support cartouches ? Il vous en coûtera un bras. Et si vous êtes assez fous pour vouloir des jeux qui vont dessus, il vous en coûtera vos autres membres. Car certains vendeurs particuliers se lâchent littéralement sur les prix, trop contents de pouvoir exploiter une demande en constante augmentation, et profitent de jeunes et candides trentenaires. Faites le test, allez sur internet et tapez « retrogaming shops » pour voir…

Heureusement, on trouve encore de belles pépites sur les stands des vides-greniers locaux pour qui sait prendre patience...

En plus de ne pas être forcément à la portée de toutes les bourses, il demande le plus souvent aussi du matériel vidéo d’époque.

Je ne vous apprendrai rien en vous rappelant qu’une partie de ces vieilles consoles et ordinateurs requierent une télévision cathodique ou un moniteur pour fonctionner, qui, en plus d’être en voie de disparition, prend de la place. Si vous comptez une ou plusieurs consoles rétro, leurs jeux, leurs manettes et tous les adaptateurs secteurs qui vont avec, vous obtenez un espace parfois conséquent qu’il vous faudra prévoir dans votre gaming room. Et évidemment, qui dit vieille console et vieil ordi, dit également maintenance. Ces objets ne rajeunissent pas et il vous faudra parfois avoir une âme de bricoleur afin de les entretenir avec amour. Certains appareils ont plus de 40 ans… et les fragiles composants de l’époque ne survivent qu’au terme d’une attention toute particulière. Je vous mets au défi de retrouver des disquettes 8 pouces neuves…

Reste que posséder ces trophées, c’est à la fois satisfaire le joueur et le collectionneur qui sommeille en nous. Certaines consoles, certains ordinateurs sont des pièces de collections et les posséder relève parfois de la sauvegarde du patrimoine vidéo ludique. Et soyons honnêtes, voir un jeune gamin d’aujourd’hui jouer à Super Mario World sur une veille Super Nintendo, assis devant sa télé, comme nous il y a 20 ans, ça fait un petit quelque chose, non ?

Va falloir songer à ranger tout ca… (ouf, c’est pas chez moi…)

Mais au final, peu importe le support que vous choisissez, la passion qui nous anime est la même et comme le dit l’adage « peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ». Alors, vive le rétrogaming !

Et vous quel est votre profil de retrogamer ?

retrogaming

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

×