Les valeurs de Superzouloux

Par jetskii | Le Mer 31 Août 2016

Superzvaleur 1

Le mental d’un coach sportif dans le corps d’un streamer de 23 ans.

« On ne fait jamais les choses pour rien…Quand on n’a rien, on n’a rien à perdre. »

Ces phrases résonnent comme un écho dans les nombreux streams de Superzouloux. Ce n’est pas un hasard s’il les cite souvent.

L'état d’esprit

Bien plus que des phrases toutes faites, Superzouloux essaye de transmettre la philosophie qu’il adopte pour avancer.

" Quand tu t'investis dans un projet, quelle que soit sa taille, en donnant beaucoup de ton temps, tu ne sais pas si tu vas y arriver… Mais je sais une seule chose c'est que si tu ne le fais pas, tu peux être sûr que tu ne vas pas y arriver ! »

Toute la difficulté est là : dépasser sa peur de se lancer.

Pour lui, tout projet a une incidence sur son futur. Il cite l’exemple de Callystoo (Rédactrice sur la U MAD TV): « Je ne comprenais pas l'intérêt en raison du nombre de vues de ses articles ». Il a compris après coup que la persévérance de Callystoo a porté ses fruits. Elle s’est constituée un porte-folio de ses articles, lui ouvrant les portes du milieu professionnel.

 

Le métier de Youtuber et de Streamer

S’étant essayé aux deux exercices, Superzouloux s’est senti plus à l’aise dans le rôle de streamer.

Il l’explique ainsi : « Prendre son indépendance en tant que youtuber représente une forte pression, contrairement au streamer. Travailler dans une webtv a pour avantage d’être dans un cadre offrant une liberté pour tester de nouveaux concepts. » Imprégné des valeurs acquises par la pratique du waterpolo, il s’épanouit en s’investissant dans un projet collectif.

Quoi qu’il en soit, pour ces deux métiers, il n’y a pas de place pour l’improvisation.

Pour devenir pro après son expérience à la UMAD TV, il a structuré ses objectifs. « J’ai fait une liste de toutes les choses qu'il me fallait pour faire ce métier. Je me suis posé pour établir mon projet avec une stratégie. »

 

Le contenu

Faut-il absolument une idée novatrice pour créer sa chaîne Youtube ou se lancer dans le streaming ? À cela Superzouloux répond : « Les plus grosses pointures du streaming/Youtube gagnent bien leur vie car ils gagnent les bénéfices de leur prise de risque ! »

C’est faux de croire qu’il faut ne pas se lancer sous prétexte que l’on n’est pas  l’initiateur d’un concept. « Il n’est jamais trop tard ». Il cite l’exemple de Squeezie qui est arrivé bien après les premiers. À l’époque, il pensait en le regardant : « C'est bien ce qu’il fait mais il arrive trop tard…Eh bien non ! Il n’est jamais trop tard, c'est le travail qui prime. »

Son conseil est de trouver le juste milieu entre délivrer un contenu générique ou de niche. « Il ne faut pas s’enfermer dans un contenu trop restreint pour rester accessible et avoir une communauté vivante. »

 

L'identité

Le projet va de paire avec l’identité du streamer ou du youtuber. Mais comment se différencier ?

« Il faut essayer de garder sa personnalité et ne pas se faire passer pour quelqu'un que tu n'es pas. »

Pour Superzouloux, plusieurs pièges sont à éviter pour conserver sa différence.

Comme expliqué dans l’article précédent, Superzouloux ne renie pas l’influence de ZeratoR sur son travail. « Moi je regardais ZeratoR,  et inconsciemment tu prends des tics et des expressions de ces personnes. » Cette influence va plus loin. Il existe une influence entre streamers, surtout au sein d'une webtv. Les expressions et les blagues s'adoptent sous l’effet d’un groupe. Les streamers touchent une large population et deviennent inconsciemment des " influenceurs". Pour garder son individualité tout en s'intégrant au sein d'un groupe, il faut trouver le juste milieu.

« Depuis que je suis rentré en France, j'ai plus de recul sur l'activité Youtube. J’ai peur car il y a une uniformisation du contenu ». Le Youtube d’aujourd’hui est différent de ce qu’il était il y a 10 ans. À l’époque  pour lui, il était axé sur un contenu innovant. Cette évolution est normale en raison du boom de cette activité. La conséquence est une compétition sur la popularité pour sortir du lot. Comme il le définit « Il existe une hiérarchie de la fame. » Une nouvelle logique s’installe pour certains : « Avant de faire des vidéos par passion et d’en faire une activité pro par la suite, maintenant on veut d’abord être youtuber de métier. » Cette logique mène pour lui à certaines dérives, de la simple inspiration jusqu'au plagiat.

Au vu de la richesse des contenus, certains s’inspirent des autres. Seules les recettes qui marchent sont utilisées. Pour Superzouloux, c'est le signe d'une absence de personnalité. Les causes sont en partie dues à une faible confiance en soi. Il cite l’affaire Mathpodcast, cas selon lui typique d’une imposture. Ce dernier assume qu'il ne sait pas scénariser mais aime faire des vidéos. L’opinion de Superzouloux sur ce type d’attitude est tranchée : « Si tu ne sais pas faire des vidéos, ben fait pas de vidéos et ferme ta gueule ! »

Seuls, le concept et l'identité ne font pas la qualité d'un stream ou d'une vidéo. C'est l'évolution du contenu et de sa qualité sur le montage, la scénarisation etc… Pour cela, un recul constant sur son propre travail est nécessaire.

 

La remise en question

« Il faut prendre du recul sur ce que l'on fait pour s'améliorer. » Dans les temps difficiles où les viewers étaient virulents, il lui a fallu une forte capacité de remise en question.  En améliorant son style, cette  communauté l’a accepté. Sa méthode : « Je regardais régulièrement mes streams et je me mettais à la place du viewer. »

Cette période lui a permis de gagner en lucidité. « On apprend de ses erreurs et si tu ne  les connais pas, tu resteras au même stade toute ta vie ».

Ce travail de remise en question n’est pas un travail solitaire. Il n’hésite pas à demander des retours à ses viewers. « Dix cerveaux fonctionnent mieux qu'un, je suis à l'écoute de tous et les viewers ont de très bonnes idées. Je reste positif et je lis tous les commentaires sur mes vidéos ». Il essaye de voir la critique constructive et non la méchanceté : « ça m’a atteint, puis je me suis forgé une carapace. Dans les commentaires ce n’est pas parce qu’un mec t'insulte ou te dit des choses méchantes deux lignes en dessous ou dessus que son avis sur la vidéo n'est pas mauvais. Il est con mais il n’a pas tort ! »

Manifestement, une communauté n'est pas un simple nombre de viewers mais un support pour s'améliorer.

 

La communauté

La communauté d’un streamer interagit instantanément avec celui-ci via le tchat. C’est ce qui crée ce lien fort, cette complicité.

Les premiers viewers sont une chance pour l’apprenti streamer, car cette première communauté lui restera fidèle. Superzouloux le constate encore aujourd’hui avec fierté. « A chaque fois que je vais à la Japan expo, j’y rencontre des viewers de la UMAD TV avec qui je passe un petit moment pour garder un lien. »

Le fait d’être derrière un écran et une caméra crée une promiscuité avec son public, Promiscuité qui n’a pas été construite IRL. Superzouloux en connaît les codes car lui aussi est un viewer. « Trop de viewers n’osent pas venir me voir lorsqu’ils me croisent dans la rue. Je trouve ça dommage. Du moment que c'est pas trop intrusif et lourd, ça me dérange pas,  ». Néanmoins, la notion de " starification " le met un peu mal à l’aise. « Je n’aime pas me sentir inaccessible, même si ça fait toujours plaisir de signer un autographe. ».

Voir grandir cette communauté est pour lui une réelle satisfaction. Lors du PGW, il prend conscience de son public. Il passe d’un chiffre (nombre de viewers) à la réalité. « Ça n’a pas changé dans ma façon de streamer mais j'ai compris graduellement l’impact de l’image que je dégage et des valeurs que je véhicule. Mais je ne pense pas me censurer. »

Dans ce milieu, les notions de communauté et de réseau peuvent se confondre. Ces deux populations sont essentielles pour le streamer/youtuber.

 

Le réseau

En plus du travail personnel que cela demande, l’évolution professionnelle du youtuber ou du streamer se fait à l’aide du réseau.

Pour se faire sa place, Superzouloux l’avoue : « C’est très compliqué sans réseau. Chez Eclypsia, j'étais le seul à ce moment à être rentré par un recrutement standard (cv et lettre). »

Alors comment créer et entretenir son réseau ? Pour lui, cela se fait de façon informelle. « C'est en discutant, en allant à la rencontre des acteurs de près ou de loin de ce milieu. Car au pire, il se passe rien donc vous avez rien à perdre !» Le réseau online est aussi important de celui que l’on construit IRL. Il ne faut en négliger aucun. Parfois ce réseau, il ne faut pas le chercher très loin.

 

Jamais seul

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le métier de youtuber ou de streamer n’est pas solitaire.

Ce milieu évolue vite et demande du travail. S’entourer de personnes sensibles aux tendances de ce milieu est indispensable pour ne pas être dépassé. Et c’est souvent les amis qui sont les meilleurs alliés dans cette mission. « J’attends de mes amis non pas un avis " c'est cool ta dernière vidéo", mais un avis construit " j'ai aimé pour ceci ou pas aimé pour cela ". »

Pour Superzouloux, cette personne est KichiGaii : un ami précieux, en qui il a toute confiance.

« Il me fait des retours réguliers sur mes vidéos et je sais qu'il sera objectif. Il a une analyse très fine. » En plus de regarder ses streams, KichiGaii est un consommateur de stream de toutes sortes. Ce qui lui a forgé un œil expert sur ce média. « C’est une force, un atout. Après libre a moi d'écouter ou non ces conseils. »

Toute son aide, il ne l’oublie pas. Quand il évoque l’avenir c’est évidemment avec KichiGaii « Si un jour j'ai besoin d'un manager, je le prendrai ! »

 

Riche de son expérience dans le milieu amateur et professionnel, Superzouloux reste lucide sur ce métier : « Streamer, c'est un métier qui se travaille tout le temps. Dès que tu crois que tu es installé et que tu as réussi, c'est quelque part une erreur. Car sur le net, ça va très vite pour être connu mais aussi très vite pour être oublié... À 45 ans, je ne pense pas que je serais encore streamer, ou en tout cas pas de la même manière. Je me vois transmettre mon expérience aux petits nouveaux. »

Quel que soit son avenir, Superzouloux a envie de partager ses valeurs tel un Philippe Lucas du streaming. Alors n'attendez pas ses 45 ans pour lui demander conseil lors de ses streams perso!

 

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